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20.06.2008
Surconsommation
I. Présentation
Dans notre société, celle d’un pays riche, la consommation est aujourd’hui intégrée dans les mœurs. Consommer, c’est utiliser, employer, quelque chose en le détruisant, en le rendant inutilisable au fur et a mesure qu’on en fait usage (dictionnaire Larousse). Mais, de nos jours, l’acte de consommer est bien plus encore, c’est le symbole, pour la majorité de la population, d’un certain bien être, d’un niveau de vie élevé, de la richesse du pays et de l’individu. Ce n’est donc pas dans notre société de consommation, la demande qui crée l’offre mais l’offre qui appelle le développement de la demande.
Parallèlement à l’instauration de cette société de consommation, le niveau de vie de la population a incontestablement augmenté. Le choix de produits de consommation, qu’ils soient alimentaires, médicaux ou tout autres est bien plus grand, s’adaptant ainsi aux envies, aux besoins de chacun. Les nouvelles technologies sont plus accessibles et permettent ainsi (un :) le développement de la communication (minitel, Internet, téléphones portables …), (deux :) une plus grande facilité dans la vie quotidienne, notamment grâce à l’électroménager, et (trois :) le dégagement de temps pour les activités de loisirs, nous poussant ainsi à consommer plus encore, et à satisfaire tous nos besoins, qu’ils soient fictifs ou réels.
Ce que l’on nomme surconsommation est le fait de consommer pour un besoin fictif, de consommer au-delà de nos besoins essentiels. Les causes de la surconsommation viennent bien sûr de la publicité, ou des facilités de paiement que nous offrent les cartes de crédit, mais aussi de causes sociales telles que le désir de bien vivre sans se soucier des conséquences ou la recherche du bonheur que nous croyons trouver dans les biens matériels. La surconsommation ne se définit donc pas uniquement par la quantité d'achats, mais aussi et surtout par l'inutilité de certains achats.II. Ses effets
1. Ecosystème
On a observé que l’excès de consommation des pays développés entraîne de multiples dégâts au niveau de l’écosystème, engendrant divers phénomènes plus ou moins directement :
- Phénomène très direct, l’épuisement des ressources naturelles (énergie, matières premières, eau potable, nappes phréatiques). Par exemple le charbon sera épuisé dans 200 ans, le gaz dans 70, l’uranium dans 50 et le pétrole en 2060. Notons aussi que les Nord Américains qui représentent entre 5 et 6 % de la population mondiale consomment près d’un tiers des ressources planétaires.
Plus indirectement, d’autres complications peuvent apparaître :
- Effet de serre et dérèglement du climat -> Avec la hausse du nombre d’usines et de pôles industriels, mais aussi l’extension du trafic aérien et routier, le rejet de CO2 s’accroît, détruisant la couche d’ozone et retenant les rayons nocifs du soleil. L’atmosphère se réchauffe alors, c’est le dérèglement climatique accompagné de toutes ses dangereuses conséquences (fontes des glaces, inondation des littoraux, surconsommation de crème solaire, de climatisation, qui engendre de la pollution).
- Perte de la biodiversité -> Pour consommer plus, on a inventé de nouvelles techniques de production comme la culture d’O.G.M.. Les plantes utilisées pour cela, étant plus résistantes, peuvent amener les autres espèces à disparaître (théorie de Darwin). De plus, elles peuvent aussi être mises en danger par des insectes dont la tolérance est renforcée par les O.G.M. et les pesticides, que l’homme utilise afin d’augmenter sa productivité.
- Pollution -> Pollution de l’eau par une consommation excessive d’engrais et de pesticides, pollution de l’air par les industries, les moyens de transport routiers et aériens, pollution par les déchets (Les Nord Américains, encore eux, produisent la moitié des déchets de la planète)
2. Santé
La surconsommation est porteuse de graves problèmes au niveau de la santé :
- Les maladies de l’abondance (obésité, diabète, hypertension artérielle, maladies cardio-vasculaires, cancers), qui sont liées aux nouvelles habitudes de consommation alimentaire, excessives en sel, graisse, sucre.
- Surconsommation de médicaments : On sait par exemple qu’en France, on consomme 70 000 tonnes de médicaments par an soit 1kg par personne et par an. On prendra ici le cas de la surconsommation d’antibiotiques qui est très dangereuse car accroît la résistance des bactéries aux antibiotiques. L’OMS nous informe par exemple que les antibiotiques actuels pourraient se révéler inefficaces d’ici 10 à 20 ans.
- Endettement de l’Etat : La médecine est remboursée par la sécurité sociale et donc accessible à tous. Néanmoins, elle crée un surendettement de l’Etat.
3. Social
La consommation n’est pas toujours fondée sur des besoins réels et peut être un effet de mode. Lorsque les positions sociales ne sont plus figées, héritées, la consommation prend une nouvelle fonction sociale : elle permet de marquer son appartenance à un groupe social, créant ainsi le besoin de consommer pour être reconnu.
Par ailleurs, le développement de l’économie libérale permet un avancement dans les nouvelles technologies, dans la médecine et donne l’illusion d’un meilleur niveau de vie alors qu’elle ne fait qu’augmenter le choix offert aux consommateurs et donc le nombre de besoins de chacun. La publicité, omniprésente, tend elle aussi à créer des besoins fictifs chez le plus grand nombre d’agents économiques et à augmenter leur consommation pour accroître leur prestige (cadeaux), s’amuser toujours plus, se sécuriser (verrous, peur du manque …). De plus on peut noter que le gouvernement se réjouit lorsqu’il y a augmentation, y voyant un signe de prospérité économique pour le pays, alors que cette surconsommation, cet encouragement à consommer entraîne la création de nouveaux besoins engendrant une incapacité à saturer nos besoins et donc un sentiment de frustration qui est plus importante encore chez les personnes dont le revenu est réduit, cela pouvant conduire à un sentiment d’injustice.La surconsommation a un impact certain sur les valeurs de l’homme, de la société.4. Valeurs
Dans un premier temps, la surconsommation, qui est une consommation excessive, importante, et qui nécessite beaucoup d’argent, faisant de la productivité un axe majeur de notre mode de vie. Ainsi, chacun cherche en permanence à gagner du temps, se dépêche, se presse, veut faire plus, plus vite, sans réellement prendre le temps de profiter de l’instant présent, et de ceux qui l’entourent. On aura pu noter cela pendant les dernières grèves de réseaux routiers durant lesquels les habitués du métro se montraient extrêmement agressifs, violents entre eux et parfois très dangereux (par exemple, l’homme qui était monté entre deux wagons). Cette préséance de la productivité, de l’efficacité, fait de l’exploitation de l’homme une utilisation banale du facteur travail. En effet, la productivité et le bénéfice passant avant toute chose, il est accepté qu’un ouvrier, qu’une caissière soient payés une misère pour que l’entreprise puisse créer tous ses produits, qui permettront à chacun de surconsommer ou d’être frustré de ne pouvoir le faire. Pourtant, personne ne voudrait être à leur place car chacun considère que c’est une vie affreuse qui n’est pas envisageable.
Pourquoi l’acceptons-nous pour les autres, alors ? Cette société nous mènerait-elle à l’individualisme ?
Mais ce n’est pas la seule action que notre société de consommation a acceptée venant des entreprises. En effet, sous prétexte de croissance, de bénéfice, sous prétexte d’une hausse de niveau de vie, qui n’est en fait qu’une hausse du pouvoir d’achat – ce qui n’a rien à voir – on a accepté la publicité, les emballages superflus, qui n’ont pour autre but que de piéger l’homme, de lui faire croire que ce produit est mieux qu’un autre, que ce produit lui est nécessaire. Croyez-vous que les hommes préhistoriques avaient besoin d’un MP3 ? Cela n’existait pas, et ils étaient, sans aucun doute, heureux sans. Par cette exploitation de l’homme, il semble que ce soit à une déshumanisation que nous assistons.
L’homme moyen ne pourrait-il pas être, aujourd’hui, représenté par un sac de pièces ? Ou peut-être n’est-il plus qu’une allégorie de la force de travail ?
Nous pouvons ajouter à cela que cette volonté infinie de surconsommer semble mener à un très fort matérialisme. Comment peut-on expliquer qu’une éraflure sur une voiture touche à ce point son propriétaire (les hommes en général ! sourire ) ? Cela ne modifie pas sa valeur d’usage, l’objet fonctionne toujours aussi bien, et cependant cela engendre cris et drame … Enfin ce matérialisme semble s’étendre à toutes choses de notre société. Après la possibilité d’acheter la satisfaction de nos besoins sexuels, celle d’acheter de l’air pur, notamment au Japon. Tout ce qui nous entoure se mercantilise, tout s’achète et on veut tout acheter. On travail, on s’épuise, pour gagner de l’argent, pour s’enrichir et consommer, pour acheter ; on souffre tout, on accepte les multiples volonté de notre employeur, de celui qui détient l’argent ; on lui baise les pieds, et on oublie les révoltes, on oublie notre force, on oublie notre état d’humain, et on tait notre orgueil et cette conscience qui nous dit que notre dignité est bafouée ; cela pour ne pas perdre notre emploi, pour ne pas perdre notre argent, et voir baisser notre pouvoir d’achat ; on se tait, on s’agenouille devant la volonté des capitalistes pour l’argent.
A force de ne plus suivre que nos désirs (en opposition à nos vrais besoins), ne dirait-on pas que nous sommes corrompus, que notre morale n’est plus qu’un objet mercantilisé à ajouter à la longue liste des acquis du marché ?La simplicité volontaire est fondée sur l’idée qu’il faut faire la part entre ses désirs et ses besoins, en menant une vie moins dépendante de l’argent satisfaisant ses vrais besoins. C’est un mode de vie qui demande de sortir des habitudes que nous ont inculquées la publicité et la télévision ; c’est une démarche propre a chacun qui nécessite préalablement la redéfinition de ses vrais besoins.III. Une solution, la simplicité volontaire
Si l’expression « simplicité volontaire » est récente, son application date de bien avant Jésus Christ. Socrate, par exemple, il y a 2500 ans, vivait très simplement dans l’idée d’être plus proche des dieux et de l’univers. On peut citer d’autres exemples de l’application de ce mode de vie, tels que l’existence de Gandhi ou bien celle d’Épicure.1. Origine
Voici la définition de la simplicité volontaire (légèrement modifiée) selon le Réseau Québécois de la Simplicité Volontaire :2. Principes
- Une façon de vivre qui cherche à être moins dépendante de l’argent et de la vitesse, et moins gourmande des ressources de la planète ;
- La découverte qu’on peut vivre mieux avec moins car la consommation, on le répète n’apporte pas le bonheur. Par exemple, a-t-on réellement besoin du dernier lecteur DVD sorti sur le marché ? La simplicité volontaire encourage donc plutôt l’autosuffisance : jardiner, cuisiner, coudre, construire ou retaper sa maison soi-même au lieu de tout acheter ;
- Un processus individualisé pour alléger sa vie de tout ce qui l’encombre, notamment sur des plans moins matériels (les relations, les souvenirs …), ce qui permet de donner plus d’importance aux choses où aux gens qui nous tiennent à cœur;
- Le choix de privilégier la valeur d’usage : avoir pour avoir n’a aucun intérêt. Un vêtement que vous n’avez pas porté depuis un an, par exemple, pourrait être déposé dans une association.
- Un recours plus grand à des moyens collectifs et communautaires pour répondre à ses besoins et donc un effort pour le développement d’une plus grande solidarité. Par exemple, le recours aux transports en commun, aux piscines ou bibliothèque publique mais aussi au covoiturage.
- La volonté d’une plus grande équité entre les individus et les peuples dans le respect de la nature et de ses capacités pour les générations à venir ;
- Le choix de privilégier l’être plutôt que l’avoir, le « assez » plutôt que le « plus », les relations humaines plutôt que les biens matériels, le temps libéré plutôt que le compte en banque, le partage plutôt que l’accaparement, la communauté plutôt que l’individualisme, la participation citoyenne active plutôt que la consommation marchande passive ;
3. Pour approfondir
http://www.simplicitevolontaire.org/
La simplicité volontaire, plus que jamais ... de Serge MONGEAU (Montréal, Éditions Écosociété, 1998).
La voie de la simplicitéde Mark A. BURCH (Montréal, Éditions Écosociété, 2003).L'abc de la simplicité volontaire de Dominique BOISVERT (Montréal, Éditions Écosociété, 2005).
Volem rien foutre al pais
19:00 Publié dans Idéologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : surconsommation, capitalisme, simplicité volontaire, besoin, écosystème, ogm, valeur
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